Quels relais en Indre-et-Loire pour les projets d’habitat partagé ?

9 mars 2026

L’habitat partagé : une dynamique locale en plein essor

L’habitat partagé se développe fortement, porté par des besoins croissants d’alternatives inclusives pour les personnes en situation de handicap, les seniors et les personnes en perte d’autonomie. Loin de remplacer les établissements traditionnels, ce mode de vie offre souplesse, personnalisation et lien social.

D’après l’étude nationale de l’ANIL (source), près de 800 projets d’habitat inclusif ou partagé étaient recensés en 2022 sur le territoire français, en forte hausse par rapport aux années précédentes. Dans ce contexte, savoir vers qui se tourner localement pour lancer, suivre ou pérenniser ce type de projet est crucial.

Les associations : moteur historique et partenaires de proximité

Pour beaucoup, l’habitat partagé est d’abord né des dynamiques associatives. Les associations agissent à la fois comme porteuses de projet, interface entre habitants et institutions, ou soutien au quotidien.

  • Les associations gestionnaires spécialisées Certaines associations historiques comme l’ADAPEI, l’APAJH ou l’UNAPEI défrichent le terrain depuis des années. En Indre-et-Loire, l’ADAPEI d’Indre-et-Loire accompagne à la création de colocations pour adultes handicapés (Maison Partagée de Chanceaux-sur-Choisille, par exemple), du montage à la gestion locative.
  • Les associations locales innovantes Des initiatives récentes, portées par des collectifs de familles, émergent. L’association Vivra Vivre à Tours, par exemple, a accompagné plusieurs petits collectifs à monter des habitats en centre-ville pour jeunes adultes avec autisme. Ce type d’approche favorise l’expression des besoins de chacun et une gouvernance partagée. Source : Fédération Habitat Inclusif - cartographie 2023
  • Les réseaux associatifs nationaux Certains réseaux comme Habitat-Inclusif.fr ou la Fondation Mallet interviennent en appui méthodologique et formation à distance, mais peuvent aiguiller vers des ressources locales.

Le rôle clé des collectivités territoriales et de leurs structures

En matière d’habitat partagé, les collectivités locales jouent un rôle crucial : elles flèchent les financements, mettent à disposition du foncier, coordonnent les politiques sociales, voire chapeautent des expérimentations.

  • Le Conseil Départemental En Indre-et-Loire, c’est l’un des partenaires majeurs pour le portage de projet habitat inclusif, notamment via la conférence des financeurs qui soutient les initiatives alliant logement et prévention de la perte d’autonomie. Le Département valide aussi certains financements via la Prestation de Compensation du Handicap (PCH).
  • Les communes et intercommunalités Les Villes (Tour(s) Métropole, Amboise, Chinon, etc.) peuvent proposer des solutions de terrain : mise à disposition de locaux, soutien logistique, conventions d’occupation, voire intégration d’habitat inclusif dans leur plan local d’urbanisme (PLU). À noter : la Ville de Tours a récemment retenu, via l’appel à projets “Habitat partagé”, 3 nouvelles colocations pour personnes âgées isolées en 2023.
  • Les bailleurs sociaux Acteurs méconnus mais incontournables, les bailleurs (OPAC, Touraine Logement, France Loire...) interviennent souvent dès le montage financier et le choix du bâti. Plusieurs habitats partagés pour adultes en situation de handicap à Saint-Pierre-des-Corps et Joué-lès-Tours ont ainsi été lancés avec des logements sociaux adaptés. Source : rapport CNSA Habitat Inclusif 2022

La MDPH : guichet central pour l’accompagnement administratif

La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) n’est pas maître d’œuvre de projets, mais son rôle administratif est fondamental. Elle instruit la plupart des demandes d’aides nécessaires à la vie en habitat partagé : AAH, PCH, allocation logement, etc.

  • Conseil, orientation et informations sur droits : des permanences ou des rendez-vous d’accompagnement sont possibles sur demande (plus d’infos : mdph37.fr).
  • Évaluation de l’éligibilité au forfait habitat inclusif : la MDPH instruit, en lien avec le département, le forfait spécifique destiné à soutenir l’animation de la vie sociale et partagée dans ce type d’habitat.

Ce forfait habitat inclusif a concerné 87 habitants en Indre-et-Loire en 2023, un chiffre appelé à croître avec l’accélération des projets (CNSA).

Les dispositifs d’appui, animateurs de la vie quotidienne

L’animation et le soutien du vivre-ensemble sont essentiels pour la réussite des habitats partagés. Ces missions sont aujourd’hui financées spécifiquement (« forfait habitat inclusif ») et portées localement par :

  • Des structures médico-sociales existantes : plusieurs SAVS (Services d’Accompagnement à la Vie Sociale) ou SAMSAH de Tours, Amboise, Loches interviennent dans des habitats partagés pour accompagner la vie collective (ateliers, médiation, gestion des conflits…).
  • Des animateurs spécialisés : recrutés par des associations, ces professionnels sont salariés grâce au forfait habitat inclusif (environ 9 000 €/an/habitant financé par l’ARS ou le Département).
  • Des pairs-aidants : expérimentation nouvelle, certains projets en Indre-et-Loire misent sur des pairs-aidants – des personnes ayant déjà vécu en habitat partagé – pour venir en appui à la gouvernance du groupe.

Selon le rapport de l’IGAS (2022), près de ⅔ des habitats partagés sont soutenus par ce type d’accompagnement collectif, clef pour prévenir l’isolement ou les situations de crise.

Les réseaux professionnels et plateformes spécialisées

Au-delà de la proximité géographique, fédérer les bonnes compétences est déterminant. Plusieurs dispositifs nationaux ou régionaux offrent ressources, formations et retours d’expériences :

  • Réseau UNA 37 (Union nationale de l’aide à domicile) : accompagne la création d’habitat partagé avec prestations d’aide à domicile intégrée, notamment via le service “Habitat Accompagné UNA”.
  • Habitat et Humanisme : acteur de référence sur la question du logement accompagné pour publics fragiles, présent sur Tours et agglomération (voir l’association locale).
  • France Assos Santé, URIOPSS Centre-Val-de-Loire : interlocuteurs pour la formation, la diffusion de guides pratiques, ou la médiation entre familles, usagers et institutionnels.
  • La Fédération Française des Coopératives d’Habitat (Habicoop) : accompagne les projets autogérés, y compris pour les projets solidaires et inclusifs.

Les structures expertes en ingénierie de projet

Monter un habitat partagé suppose un vrai travail d’ingénierie : montage juridique, financement, gestion du bâti, élaboration du projet social… Des structures spécialisées interviennent localement ou à distance :

  • Les Plateformes de Services à l’Habitat Inclusif (PSHI) : expérimentées dans Centre-Val de Loire, elles accompagnent les porteurs du premier diagnostic à l’ouverture. Leur mission : mutualiser les expertises nécessaires (travail social, droit, gestion immobilière, animation).
  • Les agences HLM dédiées à l’habitat inclusif : elles aident à structurer le montage immobilier et à l’adapter aux besoins spécifiques du groupe.
  • Les consultants associatifs et cabinets spécialisés : accompagnement à la demande (analyse de faisabilité, business plan, médiation de groupe). Liste disponible auprès de la FIRAH ou sur le site Habitat-partage.fr.

Pistes, tendances et ressources pour aller plus loin

La dynamique de l’habitat partagé en Indre-et-Loire s’inscrit dans un mouvement national soutenu : objectif gouvernemental de 28 000 places d’habitat inclusif d'ici 2030 (Ministère des Solidarités, Plan Habitat Inclusif 2022). Les besoins identifiés localement reflètent cette tendance : 18 nouveaux projets recensés dans le département sur 2023, et une multiplication des profils accueillis, du polyhandicap aux troubles psychiques, en passant par les seniors fragilisés.

Pour amorcer ou approfondir un projet, quelques contacts et ressources :

L’avenir : vers des solutions co-construites et durables

La réussite des projets d’habitat partagé doit beaucoup au maillage dense d’acteurs locaux : associations pionnières et collectifs citoyens qui font émerger les besoins réels, bailleurs sociaux ouverts à l’innovation, collectivités qui assurent soutiens et financements. Plus que jamais, la collaboration entre tous ces partenaires, et la diffusion de l’information, sont essentielles pour permettre à chacun de choisir son mode d’habitat.

Face à la diversité des situations (âge, handicap, autonomie, ressources), aucun parcours type : c’est aussi ce qui fait la richesse et la complexité de l’habitat partagé. La dynamique locale en Indre-et-Loire confirme qu’un projet réussi est rarement le fruit d’un seul acteur. Miser sur la transparence, le dialogue, l’accompagnement humain : c’est la clé pour inventer ensemble l’habitat de demain.

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