Exemples concrets adaptés à chaque domaine
Il est souvent difficile de « rentrer dans le concret ». Voici, pour chaque domaine, des illustrations qui peuvent servir de modèles pour exprimer précisément ses besoins.
Vie quotidienne : Illustrer avec des situations vécues
-
Habillage : "Mon enfant ne peut pas boutonner seul ses vêtements. Il doit être intégralement accompagné pour les fermetures à glissière et les boutons. Le matin, cela me demande 20 à 30 minutes supplémentaires."
-
Hygiène : "En raison de troubles de l’équilibre, il est nécessaire que quelqu’un l’aide à entrer et sortir de la baignoire. Sans appui, elle risque de tomber (deux chutes documentées en trois mois)."
-
Repas : "L’alimentation est mixée en raison des risques de fausse-route. Une présence est indispensable à chaque repas. Temps de prise du repas : 1 h 00 minimum."
Conseil : Quantifier le temps, les personnes mobilisées, décrire l’impact sur l’organisation familiale ou l’autonomie.
Déplacements et mobilité : Décrivez les obstacles et adaptations nécessaires
-
Intérieur : "Besoin d’un déambulateur pour se déplacer dans l’appartement. Impossible de franchir une marche supérieure à 10 cm, absence de rampe."
-
Extérieur : "Ne peut sortir seul : nécessité d’une tierce personne pour pousser le fauteuil, franchir les trottoirs, et assurer la sécurité (crainte d’un écart soudain lié au trouble du comportement)."
-
Transports en commun : "N’utilise jamais les transports en commun seuls, impossibilité de lire les plans ou de demander de l’aide."
A noter : Selon l’IFOP (2022), seuls 36 % des utilisateurs de fauteuil roulant estiment que leur ville offre un accès « globalement satisfaisant » aux espaces publics (IFOP/PMR).
Communication et vie sociale : Illustrer isolement, besoins de médiation
-
Communication orale : "Peut répondre par oui/non, mais ne formule pas de phrase complète. Les échanges téléphoniques sont impossibles sans l’appui d’un proche."
-
Participation sociale : "Ne fréquente aucun groupe hors présence d’un aidant, anxiété sociale majeure, précédents épisodes d’isolement sévère."
-
Accès aux loisirs : "La piscine municipale n’est pas accessible (pas de cabine adaptée), impossibilité d’inscription aux clubs sportifs ordinaires sans accompagnement dédié."
Astuce : Enumérez ici les situations d’accès refusé ou de sortie impossible, mentionnez les tentatives et leurs obstacles.
Scolarité, formation, travail : Adapter ses exemples à la réalité du handicap
-
À l’école : "Nécessité d’une AVS pour la prise de notes, l’encadrement des déplacements et la gestion du matériel. Sans accompagnement, impossible de suivre plus de deux heures de cours consécutives sans crise d’angoisse."
-
Au travail : "Doit occuper un poste aménagé : ordinateur avec logiciel de reconnaissance vocale, environnement calme (troubles auditifs)."
-
Formation continue : "A participé à un atelier sans adaptation : obligation d’abandonner en milieu de session faute d’accessibilité des supports."
Point clé : Relier le besoin à la conséquence directe sur le parcours d’intégration (échec, absences, renoncement).
Santé, soins, accompagnement paramédical
-
Fréquence des soins : "Doit se rendre trois fois par semaine chez le kinésithérapeute. Aucun transport adapté à moins de 10 km."
-
Utilisation des appareils : "Impossible d’utiliser seul la pompe à perfusion. L’aide d’un tiers est systématique, y compris la nuit."
-
Coordination médicale : "Le parcours de soins nécessite au moins trois professionnels différents. Les rendez-vous s’étalent sur l’ensemble de la semaine, difficiles à organiser sans aide administrative."
Chiffre marquant : Selon la DREES (2022), 44 % des personnes ayant un handicap moteur renoncent, au moins une fois dans l’année, à un soin pour des raisons de transports ou d’organisation (DREES).