Ce que dit la loi, ce que vivent les usagers
La Loi Handicap 2005 indique que “la personne exprime son projet de vie” et que son parcours doit être “co-construit”. En théorie, tout dossier est donc centré sur ce qui est important pour la personne. Dans la réalité, bon nombre d’usagers regrettent encore le poids du jargon, du formulaire unique et la difficulté à exprimer des besoins quand on se sent isolé ou sous pression.
En Indre-et-Loire, 5200 nouveaux dossiers MDPH ont été déposés en 2022 (source : MDPH 37), dont 68 % contenaient un projet de vie renseigné. Les travailleurs sociaux observent que les dossiers avec un projet de vie détaillé et personnalisé sont traités plus vite (délais réduits de 2 à 3 semaines selon les données internes MDPH 2023) et les droits mieux ajustés. À l’inverse, les dossiers incomplets ou “génériques” peuvent demander plus d’allers-retours avec l’équipe MDPH, causant des retards ou une mauvaise prise en compte des besoins.
On note aussi, selon l’UNAFAM, que la dimension psychique ou la “part invisible” du handicap est souvent oubliée dans la rédaction du projet de vie—d’où l’importance d’en parler, même brièvement, notamment pour les situations d’autisme, d’handicap psychique ou de maladies évolutives.