Pourquoi l’accessibilité des trottoirs et des passages piétons est un enjeu central ?
En France, on compte 12 millions de personnes en situation de handicap, dont 2,5 millions ayant une mobilité réduite (INSEE, 2020). Quand on pense « accessibilité », le premier réflexe va souvent vers les bâtiments. Pourtant, la majorité des freins rencontrés au quotidien sont dehors : trottoirs trop étroits, absence de signalétique, passages piétons dangereux… L’accessibilité de la voirie concerne tout le monde : personnes âgées, familles avec poussette, blessés temporaires, livreurs, enfants. Un passage piéton non réglementaire ou un trottoir impraticable, ce sont des situations de danger, de renoncement aux déplacements, d’isolement.
La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pose le cadre : la chaîne du déplacement (du domicile à la destination) doit être accessible dans son ensemble. Or, le non-respect des normes sur l’espace public demeure courant, malgré l’obligation pour les communes d’élaborer un PAVE (Plan de mise en Accessibilité de la Voirie et des Espaces publics). Selon une enquête APF France Handicap (2022), seuls 49 % des passages piétons sont réellement accessibles dans les communes testées.