Les grands types de preuves à fournir
Chaque situation est unique. Mais voici les principaux types de documents à produire pour appuyer un recours lié au handicap :
1. Les preuves médicales (fondamentales dans 90% des cas)
- Certificat médical circonstancié C’est l’élément central pour la plupart des démarches. Il doit préciser le diagnostic, la durée des difficultés, l’impact sur le quotidien, les limitations fonctionnelles, la nécessité de prises en charge ou d'aménagements. À renouveler régulièrement pour coller à la réalité.
- Bilan fonctionnel (ergothérapeute, kiné, orthophoniste, etc.) Il permet souvent de mieux décrire les difficultés concrètes face à l'autonomie, à la scolarité, au déplacement, etc.
- Résultats d’examens spécialisés : IRM, examens neuropsychologiques, bilans auditifs ou visuels… Ces pièces précisent la nature et le degré de handicap.
- Comptes-rendus d’hospitalisation ou de suivi, de consultations régulières (médecin spécialiste, centre de référence maladie rare, etc.)
Il arrive que la CDAPH ou un tribunal demande « l’exhaustivité des pièces médicales récentes et pertinentes » (article L241-7 du Code de l’action sociale et des familles).
2. Les preuves sociales et éducatives
- Rapports sociaux : note de la travailleuse sociale, du référent MDPH, assistante sociale de secteur, rapport d’équipe éducative…
- Projet personnalisé de scolarisation (PPS), GEVASCO (pour un enfant scolarisé), dossier d’orientation Très précieuse pour les élèves et étudiants en situation de handicap. Ces pièces mettent en lumière les aménagements nécessaires et déjà tentés, l’évolution de la situation.
- Attestation de l’étudiant ou de la structure d’accueil : liste des absences dues au handicap, des réajustements proposés, etc.
En 2022, plus de 430 000 élèves ont bénéficié d’un PPS en France (source : DEPP, Ministère de l’Éducation nationale).
3. Les attestations et témoignages
- Attestations d’accompagnement (aide à domicile, auxiliaire de vie, éducateur, AVS/AESH…) signées et datées, expliquant concrètement les gestes réalisés, la fréquence, les difficultés observées.
- Témoignages de proches ou d’entourage éducatif/professionnel : Des attestations sur l’honneur sont recevables dès lors qu’elles sont précises, signées, accompagnées de la copie d’une pièce d’identité du témoin (article 202 du code de procédure civile).
Ces éléments sont souvent décisifs pour éclairer « l’effet réel » du handicap sur la vie quotidienne.
4. Les justificatifs administratifs et financiers
- Bulletins de salaire, arrêt de travail, notification de licenciement, document d’inaptitude professionnelle
- Justificatifs de domicile, livret de famille, jugement de tutelle, etc.
- Factures ou devis de frais liés au handicap : matériel spécifique, aménagements, transports…
- Avis d’imposition, justificatifs de ressources (si le volet financier ou la notion de reste à charge rentre en compte)
5. Les preuves « de terrain »
Certaines situations (aménagement du logement, accès aux locaux, vie professionnelle…) peuvent nécessiter des preuves plus visuelles voire « matérielles » :
- Photos ou plans d’un logement ou local professionnel montrant les obstacles rencontrés
- Vidéos datées (exemple : chemin d’accès non praticable)
- Courriers échangés avec la mairie, le bailleur, l’établissement scolaire, etc.
Bien entendu, toute preuve visuelle doit respecter la vie privée et la législation (droit à l’image).