AAH et salaire : quelles sont les règles ?
Bonne nouvelle : il est tout à fait possible de cumuler un emploi et l’Allocation aux Adultes Handicapés, mais il y a des nuances à connaître selon votre situation.
1. Le cumul intégral avec un salaire temporaire
Pour encourager le retour à l’emploi des personnes en situation de handicap, la législation prévoit le cumul intégral de l’AAH avec un salaire durant les six premiers mois suivant la reprise d’une activité professionnelle. Cela signifie que pendant cette période, vous continuez de percevoir le montant plein de votre allocation, même si vous commencez à travailler.
2. Le cumul avec abattement au-delà de six mois
Passé les six premiers mois, l’AAH est ensuite réajustée en fonction des revenus tirés de votre emploi. Un abattement est appliqué sur votre salaire, ce qui signifie qu’une partie de ce revenu est ignorée pour le calcul de vos droits à l’AAH. Le reste de vos revenus est ensuite étudié pour évaluer si vous êtes encore éligible à une partie ou à la totalité de l’AAH.
Voici comment fonctionne cet abattement :
- Pour la partie de salaire annuelle inférieure à 7 753 €, un abattement de 80 % est appliqué.
- Pour la partie supérieure à ce seuil, un abattement de 40 % est appliqué.
Ce mécanisme permet de garantir un revenu cumulé pour les bénéficiaires actifs, tout en encourageant leur participation à la vie professionnelle.
Par exemple, un bénéficiaire de l’AAH percevant un salaire mensuel de 800 € brut pourrait continuer à recevoir une allocation partielle, le montant étant calculé en tenant compte des abattements.
3. Spécificité des contrats en ESAT
Si vous travaillez en Établissement et Service d'Aide par le Travail (ESAT), le cumul entre vos revenus et l’AAH est direct et n’est pas soumis à l’abattement évoqué plus haut. En effet, les rémunérations perçues en ESAT sont spécifiques et ne peuvent suffire à elles seules à couvrir les besoins des travailleurs. Ainsi, l’AAH vient en complément systématique, sans diminution automatique liée à ces revenus.